Le phénomène de chute de blocs est un des processus géomorphologiques naturels les plus rencontrés dans les environnements montagneux. Il est caractérisé par le détachement brutal et rapide d’une masse rocheuse, puis de la propagation de celle-ci vers le pied du versant selon différents modes de déplacement : vol libre, rebond, roulement, glissement. Lorsque la trajectoire d’un bloc croise un « enjeu » (une infrastructure ou une personne) avec suffisamment de vitesse, les conséquences sont souvent lourdes. Ainsi, selon les services de Restauration des Terrains en Montagne (RTM), sur 2200 chutes de blocs observées, la moitié ont engendré des dégâts matériels et une centaine ont été la cause de blessures ou de décès.

Dans le cadre de l’aménagement d’un chalet d’alpage au sein du hameau de Plaine Dranse, nous avons réalisé une étude pour évaluer le risque lié à cet aléa de chute de blocs. Dans un premier temps, une reconnaissance visuelle a permis de montrer que certains affleurements rocheux, situés à l’amont du hameau, présentent une fracturation pouvant mener à des départs estimés entre 10 et 40 m3, avec formation rapide de blocs de 5 à 14 m3 dès le premier rebond en pied de falaise. La probabilité d’occurrence associée à ces départs semble relativement élevée. L’observation de terrain donne aussi des informations sur les caractéristiques mécaniques des différents types de sol sur lesquels les blocs interagiront lors de leur propagation. Une fois ces divers paramètres obtenus, les trajectoires possibles des blocs ont pu être modélisées à l’aide du logiciel de trajectographie tridimensionnel RocPro3D. Les résultats de ces simulations numériques montrent que la probabilité d’atteinte d’un bloc de volume inférieur à 14 m3 au niveau du chalet considéré est très faible, de l’ordre de 1 pour 100.000 départs, avec une énergie de passage faible. Les trajectoires se terminent majoritairement à l’amont du hameau à cause des pertes d’énergie cinétique engendrées par l’adoucissement de la pente dans ce secteur ainsi que la présence d’un pierrier qui apporte de la rugosité.

Sur la base de notre reconnaissance géologique et des trajectoires calculées par notre logiciel, nous n’avons pas envisagé la pose d’une protection passive (merlon ou écran de filets pare-blocs) pour le chalet considéré.

 

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